[FORBES] « La sobriété peut-elle sauver la compétitivité des entreprises ? »

Longtemps perçue comme synonyme de renoncement, la sobriété s’impose aujourd’hui comme un accélérateur de compétitivité face aux tensions croissantes sur les ressources et aux nouvelles attentes sociétales.

Les entreprises les plus matures intègrent la RSE non comme une contrainte administrative, mais comme un moteur de performance globale. Elles poursuivent leurs efforts durables indépendamment des fluctuations réglementaires, conscientes que les enjeux écologiques et sociaux impactent directement leurs modèles économiques.

La « sobrétique » (sobriété + frugalité + responsabilité) synthétise cette nouvelle approche : réconcilier efficacité opérationnelle, innovation technologique et exigence éthique. Elle agit comme une boussole stratégique pour guider les décisions dans un monde sous contraintes.

L’intelligence artificielle illustre ces enjeux : bien qu’énergivore, l’IA peut générer des bénéfices nets bien supérieurs à sa consommation. L’exemple de Veolia le montre : en optimisant l’aération des eaux usées par l’IA, le groupe a réalisé 10 % d’économies d’énergie et 6 % de réduction de CO₂, tandis que l’IA représente moins de 1 % de l’énergie économisée.

La clé réside dans le choix des cas d’usage pertinents : avant de déployer une solution, se demander si le bénéfice généré dépasse les coûts environnementaux, sociaux et éthiques. L’objectif n’est pas de freiner l’innovation, mais de l’orienter vers des usages responsables.

Les entreprises avancées fusionnent désormais pilotage financier et extra-financier, intégrant la durabilité au cœur de leur stratégie. L’horizon se dessine vers une économie régénérative : passer de la réduction d’impact à la contribution positive au vivant.

En définitive, la sobriété n’est plus une option défensive mais le choix stratégique des entreprises qui veulent durer, innover et rester compétitives.

Découvrez la tribune complète de Laurence Suprano, Présidente du Groupe Axys, parue dans Forbes