[BSMART TV] Recrutement : l’IA va-t-elle tout bouleverser ?
Delphine Bourgeot, Directrice Générale d’Axys, était l’invitée de l’émission Smart Job sur B Smart TV, pour un débat consacré à la place de l’intelligence artificielle dans les processus de recrutement. Elle était accompagnée de Marisa Buquet, Directrice Compte Stratégique chez Robert Half, et de Caroline de Senneville, journaliste spécialiste RH.
Le point de départ : une étude aux paradoxes
82% des recruteurs estiment que l’IA standardise les profils candidats, mais 69% souhaitent malgré tout pouvoir en bénéficier dans leurs processus de recrutement. Un paradoxe apparent que les intervenantes ont proposé de décrypter.
L’automatisation, un passage obligé mais pas une fin en soi
Pour Delphine Bourgeot, l’IA n’est plus vraiment « une question en tant que telle » : elle s’impose aussi bien côté candidats que côté services RH, notamment pour gagner du temps sur la présélection et se recentrer sur les tâches à plus forte valeur ajoutée. Un constat partagé par Marisa Buquet, qui souligne l’explosion du volume de candidatures : jusqu’à 600 CV reçus en 4 jours pour un poste, contre 300 en 3 semaines il y a encore 3 ans.
Mais cette automatisation a un revers : des candidatures de plus en plus lissées et génériques, produites elles aussi à l’aide de l’IA, rendant plus difficile l’identification des compétences réelles et des profils atypiques.
L’humain, seul décideur
Sur ce point, la position de Delphine Bourgeot est nette : la décision finale d’un recrutement doit rester entre les mains d’une personne qui connaît l’entreprise, ses besoins, et qui peut se projeter avec le candidat sur la mission. Les soft skills, la personnalité, la capacité d’intégration dans une équipe : autant d’éléments que l’IA ne peut, à ce jour, ni évaluer ni trancher.
Le débat a aussi abordé la question des entretiens automatisés par IA vocale, un sujet sur lequel les intervenantes se sont montrées prudentes, rappelant l’importance de l’attractivité employeur et de la dimension humaine du recrutement, vécu comme « un contrat à deux ».
Le prochain chantier : l’éthique
Le débat s’est conclu sur un chiffre qui interpelle : si 25% des DRH jugent la question éthique de l’IA extrêmement importante, seuls 9% ont mis en place une gouvernance dédiée sur ce sujet. Avec l’entrée en vigueur des obligations de l’AI Act, cet écart devrait rapidement se réduire de gré ou de force.
Découvrez notre étude IA & RH : Une adoption sous tension
👉 A travers cette enquête menée auprès de 167 professionnels RH en Europe et aux États-Unis, Axys et HEC Paris décryptent les usages, les bénéfices et les défis de l’adoption de l’IA dans la fonction RH.
