Le Supplier Relationship Management (SRM) : piloter le capital fournisseur

Après la professionnalisation du Strategic Sourcing et la structuration du Procure-to-Pay, une troisième vague s’impose – plus stratégique, plus transversale, plus exigeante : la maîtrise du capital fournisseur à travers un SRM solide, gouverné et outillé.

Dans un environnement marqué par des risques systémiques, une inflation réglementaire et des attentes RSE grandissantes, la gestion du panel fournisseurs n’est plus une option. Pour les directeurs Achats, le SRM n’est plus un simple atout. C’est devenu un pilier de résilience, de durabilité et de performance.

Illustration SRM gestion relations fournisseurs

Quand la relation fournisseur devient un enjeu de résilience globale

Les entreprises font face à une mutation profonde de leur écosystème.

  • Des risques sur la chaîne logistique désormais structurels : ruptures matière, dépendances critiques, tensions géopolitiques. Anticiper n’est plus un luxe, c’est une condition de survie des entreprises.
  • Une explosion des obligations réglementaires – Sapin II, devoir de vigilance, CSRD, conformité ESG — les Achats doivent démontrer, preuves à l’appui, la maîtrise de leur chaîne de valeur.
  • Des attentes RSE qui redéfinissent la performance. Décarbonation (Scope 3), respect des droits humains, inclusion, économie circulaire : la performance ne se mesure plus seulement en coût, mais en impact.

La question n’est donc plus “Faut-il structurer la relation fournisseur ?”
mais bien “Comment obtenir une vision consolidée, fiable et actionnable de l’écosystème fournisseur ?”

La réponse passe par un SRM maîtrisé dans sa gouvernance et soutenu par un outil adapté.

Les 3 principes d’un SRM qui crée (vraiment) de la valeur

  1. Cibler les fournisseurs à forte valeur : la segmentation devient multicritère : criticité, risque, impact ESG, innovation, dépendance mutuelle. Elle permet d’investir là où la valeur et la résilience s’ancrent durablement.
  2. Gouverner pour structurer : un bon processus SRM clarifie les rôles, les données, les rituels et les moments clés de la relation. Il rend possible une cohérence partagée à l’échelle de l’entreprise.
  3. Piloter la performance de façon collaborative. La performance Fournisseur ne se suit plus uniquement à travers des KPIs, elle se construit entre l’entreprise et ses fournisseurs : plans de progrès, revues conjointes, objectifs communs, engagements RSE, transparence.

Un fournisseur évalué essentiellement sur sa performance (et ses coûts) reste passif ; un fournisseur engagé devient moteur de performance.

Le SRM, bien plus qu’un outil : un modèle de pilotage à part entière

Trop souvent perçu comme une plateforme technologique, le SRM est avant tout un système de gouvernance. Il repose sur quatre dimensions clés :

  • une philosophie de gestion du cycle de vie fournisseur,
  • un cadre de gouvernance de la donnée,
  • un pilotage transversal de la performance, du risque et de la conformité,
  • une dynamique réelle de collaboration interne et externe.

La performance du SRM repose sur un triptyque exigeant : processus clairs, gouvernance solide, outil intégré.
L’outil seul ne transforme rien : c’est l’organisation qui fait vivre le SRM.

Digitaliser ne suffit plus : il faut orchestrer

Forts de plus de vingt ans d’expérience en transformation durable, nous avons développé chez AXYS Consultants une méthode éprouvée qui identifie les leviers essentiels d’une digitalisation achats réussie. Elle repose notamment sur la définition d’un modèle cible clair, la structuration des processus et de la gouvernance de la donnée, le choix de la solution adéquate (SRM, Risk, ESG, etc.), son intégration dans votre écosystème SI Achats et enfin l’adoption durable par vos équipes.

Un outil SRM ne fonctionne que s’il s’appuie sur :

  • des processus clairs & documentés,
  • une gouvernance identifiée et opérationnelle,
  • une organisation engagée,
  • une donnée fiable.

De la gestion au partenariat : la collaboration comme moteur de performance

Un SRM moderne fait de la gestion du panel fournisseur un espace de co‑création continue.

  1. Avec les fournisseurs, cela signifie : objectifs partagés, plans d’amélioration conjoints, suivi du risque commun, innovation collaborative et alignement sur des engagements RSE partagés le plus en amont possible.
  2. En interne, cette dynamique doit renforcer la cohérence entre Achats, Finance, RSE, Qualité et Supply Chain, tout en réduisant les silos.

L’animation devient alors non pas un exercice administratif, mais un levier de résilience et de création de valeur durable.

Le SRM, la nouvelle frontière d’un leadership Achats.

La maîtrise du capital fournisseur n’est plus un chantier parmi d’autres : c’est désormais le terrain où se joue la crédibilité, l’impact et l’influence stratégique des Directions Achats.
Un SRM robuste ne se limite pas à sécuriser les opérations ou à fluidifier les processus. Il apporte quelque chose de bien plus déterminant : il redéfinit la façon dont l’entreprise construit sa résilience, pilote sa performance et honore ses engagements RSE.

La maturité Achats ne se mesure donc plus au montant des économies réalisées, mais à la capacité d’un CPO à orchestrer un écosystème fournisseur entier, fiable, durable et aligné sur la stratégie de l’entreprise.

Maxime PREVOST

Directeur BU ACHATS

Logo LinkedIn
Portrait professionnel d’un homme barbu en costume