Pourquoi l’IA est à la peine pour les émotions

Les champs d’applications de l’étude non intrusive des émotions sont nombreux. Certaines startups proposent ainsi des affichages interactifs qui proposent d’étudier les réactions de passants soumis une publicité.

En quelques millisecondes, l’IA étudie l’émotion du passant face à ce stimulus et en déduit la portée émotionnelle du message. Le bénéfice est immédiat. Plutôt qu’un appareillage lourd et intrusif (eye-tracking, electro-cardiogramme, ECC, parfois IRM), une caméra dotée d’une IA serait à même de livrer une cartographie des sentiments face à un stimulus ou reconnaître une intention en reconnaissant une émotion.

Plus que l’émotion, l’état d’esprit

La promesse est séduisante, mais difficile à tenir. Certes, il est facile d’interpréter les émotions de base, la joie, la tristesse, la surprise, le dégoût et désormais la peur. Mais cette interprétation reste cantonnée aux émotions de base, « j’aime » ou « je n’aime pas ». Cette approche reste basique et ne prend pas en compte de nombreux autres signaux, et, un peu comme l’analyse d’opinion il convient de pondérer chaque interprétation, en commençant par classifier en positif ou négatif. La peur peut être positive, car salvatrice ou négative, car paralysante, tout dépendra du contexte. En soi, une émotion n’est pas bonne ou mauvaise, positive ou négative. C’est une composante qui infère dans une approche globale de la personne et l’analyse des émotions contribue à mesurer cet état.

Pour le dire autrement, l’être humain n’est pas réductible à ses seules émotions

Pour l’appréhender dans toute sa richesse, il faut aussi comprendre son état d’esprit. Pour ce faire, il faut au minimum utiliser trois canaux : le facial (et les micros-expressions), les mots qui sont utilisés et la voix. En couplant les différents points, nous pouvons détecter des émotions dynamiques qui ne transparaîtront pas au niveau de l’expression faciale. De la même façon le débit de parole trahit souvent le rythme cardiaque et les modifications de couleur de l’iris un changement d’état, etc.

 

Découvrez la suite de la tribune rédigée par notre Directeur du Laboratoire d’Intelligence Artificielle, Jean-Luc Marini.

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