Intelligence artificielle : peut-on se passer des Gafam ?

Le 10 septembre dernier, M. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances rappelait lors d’une intervention au Sénat sur les libertés numériques que «notre souveraineté nationale dépend de notre capacité à bâtir notre souveraineté numérique. »

Comment ne pas lui donner raison. Lors de cette même audition au Sénat, l’ex-président du Conseil Numérique, Brunot Thieullin, affirmait pour sa part : «Nous pensons qu’il y a aujourd’hui entre 1 et 2 millions d’entreprises européennes qui sont directement dépendantes de leur usage des plates-formes numériques.»

Ces deux citations posent le cœur du débat sur la place détenue par les Gafam dans notre économie et l’épineuse question de la souveraineté, nationale ou européenne, battue en brèche par ces mêmes géants du numérique américains. L’Europe a pour sa part largement perdu la bataille des plates-formes, que ce soit les Natu, les BATX ou les Gafam, aucune entreprise française, ni même européenne, ne vient positionner une lettre dans ces acronymes.

Il y a encore peu, l’intelligence artificielle (IA) pouvait être une chance pour revenir dans la course à la technologie. Las, malgré 1,5 milliard mis sur la table d’ici à 2024 par Emmanuel Macron pour accélérer sur le sujet, le temps et les moyens jouent contre nous face aux moyens mis en œuvre par les géants du secteur.

L’accélération, l’ennemie de l’IA souveraine

Ajoutons à cela un autre facteur déterminant : le temps. Dans la compétition économique, les entreprises françaises ne peuvent attendre la prochaine génération pour implémenter les solutions d’intelligence artificielle nécessaires au maintien de leur compétitivité. Avec pragmatisme, ces entreprises se tournent vers les fournisseurs les plus en pointe pour bénéficier de leurs outils.

Avec des effets collatéraux bien connus, mais sous-estimés. En utilisant l’IA des géants, nous ouvrons grand la porte aux données et aux connaissances de l’entreprise. L’IA se nourrit de données. Généreuses, nos plus grandes entreprises fournissent leur set de data afin d’améliorer l’efficience de leur IA.

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